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DU   FIASCO  A  L'ESPOIR.

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           N'en déplaise à Mme la Ministre, cette campagne de vaccination-grippe A(H1N1) n'a pas été couronnée de succès. Pour un coup d'essai – première opération sanitaire de cette ampleur mise en place en France, disait-elle – ce ne fut pas un coup de maître .
Avec la méfiance et la réticence des infirmier(e)s, la cacophonie des médecins, la grogne des généralistes, la rébellion de certains personnels réquisitionnés, les lenteurs administratives, la polémique à propos des dépenses engagées et de la revente des stocks de vaccins, cette campagne a tourné au fiasco généralisé.
Mais ce fiasco, aussi évident que navrant, a fait surgir de notables espoirs.
D'abord, parce que la société française, dans sa grande majorité, n'a pas accepté de se soumettre aux recommandations des autorités sanitaires malgré les publicités, les pressions et la peur entretenue ; elle a gardé son bon sens et son libre-arbitre, et cela est de bon augure pour l'avenir. Ensuite, parce que les magistrats, mais aussi nombre de médecins, ont réagi énergiquement face aux abus d'un pouvoir autoritaire, montrant ainsi qu'ils n'étaient pas aux ordres. Cette campagne médiatique a même permis des remises en cause dans les pratiques médicales. Voilà qui nous intéresse au premier chef.
Ainsi, le professeur P.Couzigou, hépato-gastroentérologue, à l'hôpital Haut-Levêque, à Pessac (33) signait-il le 2 janvier dans « Sud-Ouest » une tribune libre dans laquelle il parle de l'écologie interne: « En cette période enfin écologique concernant notre environnement, notre écologie interne reste négligée. En France, la mortalité dite évitable (chez les personnes de moins de 65 ans) est surtout en rapport avec des problèmes comportementaux: tabac, alcool, excès pondéral ou obésité, qualité des apports alimentaires, activité physique insuffisante.... Les Français y apportent une réponse surtout médicamenteuse, la pensant, à tort, suffisante: ils consomment près de 40% de médicaments de plus que les autres Européens. » Et pourtant, dit-il, cette dépendance aux médicaments et à la technique(les examens complémentaires) ne suscite guère d'intérêt, si ce n'est à contribuer à creuser le trou de la Sécurité Sociale.
Le professeur Couzigou est favorable à une approche transversale et globale de la personne malade. Il propose qu'en première année des études de médecine, on mette en place une importante formation concernant l'hygiène de vie, l'éducation pour la santé, l'éducation thérapeutique....Cette formation pourrait être poursuivie dans le deuxième cycle des études médicales et prise en compte dans l'examen classant national (ECN). Il termine ainsi; « Ces mesures favoriseraient une meilleure qualité de la relation soignant-soigné (gratifiante pour les deux parties), une meilleure qualité de vie, une moindre consommation médicamenteuse et une meilleure utilisation des moyens financiers que le pays met à notre disposition pour améliorer la santé des Français. Et elles sont à coût quasiment nul. »
Avec les turbulences qui, suite à un échec aussi cuisant, ne manqueront pas d'agiter le microcosme de nos experts en santé publique, on peut penser que d'autres initiatives, jusque-là muselées ou contenues dans les rets de l'orthodoxie, pourraient bien jaillir opportunément. Cet espoir-là n'a rien d'utopique .

Joël Lajus

 

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